Nouvelle lignée
N pour Namyang, le centre de recherche et développement et son circuit hautement inspiré du Green Hell, le fameux Nürburgring allemand devenu la source d’inspiration pour les voitures à vocation sportive de Hyundai. Comme la ribambelle de vocables M, AMG et S ou RS des Allemandes, Hyundai nous offre des versions sport N-Line légèrement épicées de ses véhicules de série et des versions carrément N beaucoup plus poussées comme le Veloster N qui nous a singulièrement épatée. Mais qu’en est-il d’une grosse berline comme la Sonata à la sauce N Line, plus puissante à souhait mais pour autant sportive?
Essai-auto a aimé :
- Consommation raisonnable compte tenu de la puissance
- Voiture confortable et logeable
- Moteur 2,5 turbo puissant et boite à double embrayage raffinée
- Sonorité du moteur particulièrement agréable
- Niveau d’équipement de série impressionnant
- Comportement assumé sur mauvais revêtements
Essai-auto a moins aimé :
- Le manque de motricité du train avant
- Effet de couple prononcé
- Temps de réponse du turbo et nature explosive de la puissance
- Absence d’une traction intégrale
Sans vouloir s’aventurer dans le champ de mines de l’appropriation culturelle, Hyundai a décidé de surfer la vague des dérivés sportifs des manufacturiers allemands en lançant des variants sportifs de divers niveaux pour certains de ses véhicules. Il en va donc de deux types de niveaux, soit le N Line doté d’une motorisation plus costaude et d’éléments de châssis plus poussés et les N purs et durs dotés de motorisations encore plus poussées et de châssis capables de bien tenir les rigueurs de plusieurs tours sur votre circuit préféré. Tout comme il y a des Mercedes AMG et des Mercedes de type AMG, des Audi S et RS et des BMW de type M et des BMW M, Hyundai fait le pari qu’en offrant des versions plus dynamiques de sa berline Sonata il lui sera possible d‘évoquer suffisamment de traces de performance que l’acheteur potentiel pourra combler ses besoins de puissance et de comportement routier relevé sans avoir à lorgner du côté des allemandes qui demeurent inabordables pour les bourses moyennes.
La Sonata possède déjà une carrosserie qui la distingue de la grande majorité des berlines japonaises et l’ajout d’indices sportifs ne fait que la rendre encore plus distinctive. La version N Line ne sombre pas dans la carricature de la pseudo voiture sport mais affiche discrètement ses intentions sportives. Trois petits badges se retrouvent sur les ailes avant et sur la grille de calandre qui pour les besoins de la cause se fait plus massive et plus sombre, les embouts d’échappement sont doubles de chaque côté, un diffuseur qu’on dit fonctionnel se greffe sous le parechoc arrière et le pavillon de toit devient noir. Le tout offre un joli coup d’œil et a l’effet de rabaisser la voiture et de la rendre dynamique même à l’arrêt. Hyundai doit se garder une certaine marge de manœuvre au niveau des ajouts de carrosserie en prévision de la Sonata N pur jus.
À l’intérieur Hyundai vous a concocté un mélange de textures et d’attributs sportifs de manière à conserver le prix de la voiture sous la barre des 40 000$ soit à quelques dollars de moins que la version Hybride et de l’Ultimate qui siègent au haut de la pyramide des versions. Pas de sièges climatisés mais le fauteuil du conducteur reçoit une attention particulière avec ses ajustements lombaires et latéraux permettant une position de conduite bien cintrée. Un dispositif d’affichage à tête haute vous permet de vous informer de votre vitesse sans avoir à quitter les yeux de la route. La Sonata N Line dispose de la plupart des fonctions d’infodivertissement des versions haut de gamme de la marque si bien que la vocation sportive de cet habitacle ne vient surtout pas atténuer le confort et le luxe intrinsèque de la Sonata.
C’est à ce chapitre que la Sonata N Line devient particulièrement intéressante. Hyundai ne se contente pas ici d’apposer trois badges, ni de rehausser l’aspect visuel de sa berline ni de la doter de plus grosses jantes et de pneus sport mais bien de lui donner une mécanique performante. Nous avons donc droit à un 4 cylindres de 2,5 litres turbo qui produit 290 chevaux et 311 livres de couple, rien de moins. Pour bien situer ces données par rapport aux autres versions de la Sonata munies du 4 cylindres turbo de 1,6 litres, la motorisation de la N Line fait 110 chevaux de plus et 116 livres de couple supplémentaires. Hyundai a aussi choisi de munir ce moteur de l’injection directe et d’un système parallèle d’injection multipoints afin de minimiser les dépôts de carbone sur les valves. Toute cette puissance et ce couple passent par une transmission à double embrayage à l’huile à huit rapports mais aux seules roues avant. En toute franchise la Sonata N Line a de quoi vous faire sourire en accélération (0-100 km/h sous les 6 secondes) et lors de reprises mais vous réserve des sueurs froides si vous ne tenez pas le volant fermement tant la puissance arrive de façon plutôt explosive. Il ne faut pas oublier un seul instant que cette N Line n’est pas un engin de piste mais une berline familiale dotée d’un excellant moteur et d’une boîte à double embrayage vraiment géniale. Le châssis gagnerait en stabilité et en agrément si toute cette puissance et ce couple pouvaient être accompagnés de dispositifs permettant d’acheminer tout ça de façon linéaire et stable. Notre essai s’étant déroulé lors des derniers jours de l’hiver, les pneus d’hiver n’ont qu’exacerbé cet effet de couple et ce aussi bien en départs qu’en reprises sur autoroute. Il faut aussi mentionner que la sonorité de ce 2,5 Turbo est tout à fait à la la hauteur de ses performances et il a fort à parier que les ingénieurs de Hyundai ont passé beaucoup de temps à écouter des motorisations allemandes. Au niveau des autres asiatiques disponibles dans cette fourchette de prix, aucune ne peut afficher des temps d’accélérations aussi rapide; ni l’Honda Accord 2.0T, ni le Toyota Camry V6, ni le Mazda6 turbo.
Sans lésiner côté moteur Hyundai n’a pas fait dans la dentelle non plus au chapitre des freins et des suspensions en ajoutant du tonus à tous ces composants. Le résultat de ces efforts n’est pas de nature transformative mais vient stabiliser la voiture en situation de conduite dynamique. Le plus intéressant demeure le comportement de la voiture sur des routes sinueuses mais en mauvais états puisque le calibrage des suspensions permet d’affronter ce genre de situations avec aplomb. La Sonata étant une traction il ne faut pas perdre de vue le sous-virage associé à ce type de motorisation et la Sonata avec ses 290 chevaux laboure sérieusement lors de virages prononcés pris à vitesses imprudentes. L’idéal serait de doter la Sonata N Line d’une traction intégrale ou au minimum d’un différentiel à glissement limité mais il faut se rappeler que Hyundai nous réserve peut-être une version 100% N mais surtout qu’il ne faut pas non plus aller jouer dans les platebandes de Genesis, la marque haut de gamme de Hyundai. Un autre élément à souligner en faveur de cette berline est le calibrage de ses systèmes d’aide à la conduite qui interviennent plus tard dans vos dérobades et façon plus progressive que dans les autres versions de la Sonata ce qui relève encore plus son agrément de conduite.
Tout compte fait la Sonata ne vous ruinera pas le temps venu de sortir votre chéquier lors de son achat ni au passage à la pompe puisque nous avons réussi une moyenne de 8,3 l/100km lors de notre essai effectué en mars et à 50/50 route /ville.
La bonne nouvelle dans le lancement de la Sonata N Line réside dans l’intérêt que le manufacturier à continuer d’offrir des berlines, contrairement aux manufacturiers américains qui ne font que dans les VUS et multisegments, mais d’en offrir des versions vitaminées capables de convenir à des amateurs de berlines intéressantes sans se ruiner pour autant. Les VUS et multisegments continuent leur ascension dans le palmarès des ventes, mais sachez que certains fabricants comme Hyundai et Kia n’abandonnent pas les berlines à vocation sportive pour autant.
Fiche technique
Information de base
| Nom du véhicule : | Sonata |
| Marque : | Hyundai |
| Version : | N Line |
| Autres versions disponibles : | 2.5 L, 1.6T Sport, 1.6T Luxe, 1.6T Ultimate, Hybride Ultimate |
| Catégorie : | Berlime intermédiaire |
| Nombre de place assises : | 5 |
| Nombre de portes : | 4 |
| Gamme de prix : | 27 149 $ à 40 199 $ |
| Prix de la version à l’essai : | 37 999 $ |
| Transport et préparation : | 2 439 $ |
Groupe Motopropulseur
| Type de moteur : | 4 cylindres turbo |
| Cylindrée : | 2.5 litres |
| Puissance (ch) : | 290 ch. |
| Couple (lb.pi@tr/min) | 311 lb-pi @ 1650 trs/min |
| Transmission automatique (Nb rapports) : | 8 double embrayage à l’huile |
| Transmission manuelle (Nb rapports) : | ND |
| Transmission variable continue : | ND |
Performances
| Accélération 0-100 km/h | 5.6 sec. |
| 400 mètres (quart de mile) | 13.9 sec. à 165 km/h |
| Consommation moyenne durant l’essai : l/100km | 8.2 l/100km |
Sécurité
| Assistance au freinage : | oui |
| Répartition électronique du freinage : | oui |
| Système d’avertissement de collision : | oui |
| Système d’avertissement de changement de voie : | oui |
| Système d’avertissement d’angle mort : | oui |
| Aide au stationnement : | oui |
| caméra de recul : | oui |
Confort et commodité
| Garniture des sièges : | Cuir et alcantara |
| Sièges chauffant avant : | oui |
| Sièges chauffant arrière : | oui |
| Sièges climatisés | non |
| Système de navigation | oui |
| Système de clé sans main | oui |
| Banquette rabattable | oui |
Système Sonore
| Capacité MP3 : | oui |
| Nombre de hauts-parleurs : | 12 |
| Branchement auxiliaires : | oui |
| Système de divertissement arrière | ND |
| Port USB | oui |
| Connectivité Wi-FI | oui |
Dimensions
| Longueur : | 4900 mm |
| Largeur : | 1860 mm |
| Hauteur : | 1445 mm |
| Empattement : | 2840 mm |
| Poids à vide : | 1626 kg |
| Volume du coffre : | 453 L |
| Capacité de remorquage : | Non recommandé |
Garanties
| Générale : | 5 ans / 100,000 km |
| Assistance routière : | oui |








